La promesse, de Damon Galgut

Nos coups de cœur ♥

On suit, sur trois décennies, à partir de 1986, l’histoire de Manie, Anton, Astrid et Amor – et autour d’eux, gravite une galaxie de personnages secondaires savoureux et incarnés. Le roman débute avec l’enterrement de la matriarche d’une famille de modestes propriétaires terriens blancs et protestants. Les dernières volontés de la défunte pèsent sur les décennies qui suivent la fin de l’apartheid. La mère, le père, une sœur, puis un frère disparaissent successivement, tandis que la dernière sœur s’accroche à la promesse faite par sa mère. Cette « promesse » très épineuse plane comme une épée de Damoclès, comme un point de suspension : a t elle bien été soufflée, oubliée, occultée, réelle ou fantasmée ?
Toute la saveur du roman réside dans sa tension palpable : la force, la rage, le déchirement d’un pays qui se reconstruit vaille que vaille sur des cendres.
Ils sont sacrément difficiles à cerner, ces frères et sœurs ! A plus forte raison qu’ils semblent s’aimer si peu. Voire pas du tout. Tous les personnages sont plutôt antipathiques, à vrai dire. Parce qu’ils sont sans attaches. La morale, les sentiments, les valeurs, les croyances… tout flotte.
Même la maison familiale, qui devrait normalement servir d’ancrage, est totalement dénigrée, dégradée, et n’a vraiment de valeur que fiduciaire.
C’est pour moi un livre assez rare, un livre avec une grande absente : la mauvaise conscience de l’Afrique du Sud, qui est figurée par le personnage de Salome, la domestique noire, complètement invisibilisée tout au long du roman alors qu’elle est au centre des mensonges, des silences, du mal être de cette famille blanche engluée dans ses préjugés et ses hontes.
Un roman au style frontal, à la construction détonante, confondante mais assez inédite !

Titre : La promesse
Edition : points
Auteur : Damon Galgut
Prix : 8.70