John, fils de John, de Douglas Stuart

Nos coups de cœur ♥

À 22 ans, John ‘Cal’ Macloed est obligé de revenir sur l’île d’Harris, dans la petite ferme familiale… Ce livre aux apparences de chronique insulaire banale se révèle dès les premiers chapitres être un GRAND roman d’AMOUR. Seulement, dans cette communauté écossaise, l’eau n’est pas rose. Elle est bruineuse, glacée par les vents auxquels sont exposées les Hébrides extérieures. Complexes, attachants, les personnages s’épaississent à vue d’oeil : ils parlent de pommes de terre, de thé infusé très noir, ou de coupe de cheveux inconvenante, et tout à coup il est question de création, de nuancier de couleurs, de trames de tissage. Les hommes se débattent moins avec leurs voisins qu’avec leurs propres hontes et colères refoulées. Des hommes vissés à leur métier à tisser, à leurs cheptels, à leurs non-dits. Un cri sourd sur la plaine, dans une forme subversive et limpide, des états d’âmes et des formes d’amours inconsolables. Pour le fils de John, revenir sur cette île, c’est comme espérer trouver un « bonheur claustrophobe ». Les éléments attendus et les clichés sur la culture du silence, l’endogamie sur les îles ou la rudesse des conditions de vie, sont très vite évacués. Ce roman commence avec le retour du fils prodigue et enfante une épopée sentimentale, au sens noble, comme on les aime, sans déterminisme. A la fin, nous sommes tous des filles et fils de John !

Titre : John, fils de John
Edition : Globe
Auteur : Douglas Stuart
Prix : 24.00